2025 : année de ma conversion en apiculture biologique

Cela faisait quelques années que je souhaitais analyser mes produits de la ruche et me conformer à certains standards de qualité. Selon moi, passer en apiculture biologique et me faire certifier était donc une avancée vers plus de transparence envers mes clients. Je vous raconte ma conversion et le cheminement que j’ai fait.​

J’ai démarré l’apiculture en conventionnel

Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’être sponsorisée dans le lancement de mon cheptel avec 50 ruches. Au démarrage, j’avais des pratiques conventionnelles, c’est-à-dire que je nourrissais mes colonies d’abeilles avec du sirop issu de l’agriculture conventionnelle et je luttais contre le varroa avec des lanières conventionnelles comprenant des molécules d’origine chimiques.

Je ne me posais pas de question sur le sens et l’impact qu’avaient ces produits puisque tout le monde autour de moi faisait pareil et c’est comme cela que j’ai appris l’apiculture. De plus, mes ruches réceptionnées étaient menées de cette manière, c’est-à-dire en conventionnel, donc jusque-là, je me sentais comme tout le monde, sur le droit chemin.  

Puis je me suis formée à l’apiculture biologique

Puis j’ai été me former au CFPPA de Hyères, en apiculture biologique. C’est là que j’ai commencé à m’ouvrir sur d’autres pratiques avec des sirops originaires de betteraves bio, ou encore de traitements contre le varroa avec des molécules d’origines naturelles  comme l’acide oxalique et l’acide formique. J’ai aussi pu étudier le cahier des charges bio et au niveau du matériel, il fallait avoir des ruches en bois. Oui, les ruches en plastique existent aussi et leurs avantages sont nombreux, mais elles ne sont pas compatibles avec une apiculture dite naturelle.  

Je me rends donc compte que j’ai du matériel en bois, que je peux adapter mes traitements que le nourrissement de mes abeilles peut aussi passer en BIO. Enfin, mes pratiques envers l’abeille ne sont pas contraires (paquets d’abeilles sans cire, couper les ailes des reines, peinture toxique sur les ruches… tout ça, je ne fais pas). En somme, je n’ai pas grand-chose à modifier, si ce n’est de porter une attention plus poussée lors de l’implantation de mes futurs ruchers dans des zones avec plus de flores spontanées, loin de cultures conventionnelles, ou loin d’activités humaines polluantes. 

Je décide de m’engager dans la conversion bio 

Je contacte donc Ecocert à l’automne 2023, et j’entre en conversion bio. Pendant un an, tout ce que je vais produire devra commencer à respecter le cahier des charges et seulement à l’issue du deuxième contrôle, je pourrais déclarer mes futures récoltes comme bio sous réserve d’une analyse notamment pour le miel de lavande. 

Été 2025, j’attends patiemment que l’analyse de lavande arrive, et elle viendra en septembre. Mon miel de lavande est analysé : on passe au peigne fin 180 pesticides et si je respecte les seuils imposés par l’Europe, mon miel sera considéré comme BIO.

Et une fois que je suis certifiée bio, quelle est la prochaine étape ?

Verdict ? C’est tout bon. Mais je vais devoir réussir à changer toutes mes étiquettes, et surtout, réussir à convaincre mes fournisseurs de produits à façon de m’aider : « le nougat bio ça serait vraiment chouette tu comprends pour mes beaux yeux bla bla bla…». Pas simple quand on sait que le prix du kilo de sucre bio fait le double du prix du sucre conventionnel (dixit mes nougats et mes bonbons dont les recettes ne contiennent pas seulement du miel, mais aussi des oeufs, de la pistache, des amandes… alors en plus, si je veux des ingrédients français, les prix explosent !). 

Bon tout ça parait un peu plus compliqué que prévu comme ça, mais je peux vous dire que le plus complexe en passage bio en apiculture, c’est de changer tous ses cadres de cire. Je jette donc systématiquement la vieille cire de mes cadres et je pousse mes abeilles à en cirer de nouveaux. La cire stocke les métaux lourds et pesticides donc il est important de renouveler chaque année 1/3 des cadres pour réussir à limiter leur présence, mais aussi, les traitements du passé…

Aujourd’hui, c’est par conviction que j’ai voulu faire ce cheminement en apiculture biologique. Ces analyses sont une preuve que le miel issu de mes ruches n’est pas nocif pour la santé. La prochaine étape ? L’analyse de ma cire d’abeille dans quelques années !


Pour aller plus loin, je vous propose de jeter un œil au cahier des charges en apiculture biologique proposé par Ecocert

Crédit photo : Julie Vandal.


Oriane Martin, Apicultrice récoltante

Je suis l’autrice de ce blog où je vous parle de l’actualité de mon entreprise et des projets - dans lesquels je m’engage, liés à l’apiculture.

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