En septembre dernier, j’ai eu la chance de voyager au Rwanda pour le compte de l’UNESCO et Guerlain, dans le cadre du programme Women for Bees. Ce programme, né d’une collaboration entre ces deux acteurs, vise à former et à accompagner des femmes apicultrices à travers le monde, afin de renforcer leur autonomie économique tout en protégeant la biodiversité.
A la découverte de la réserve de biosphère de Gishwati-Mukura
Début septembre, je me suis rendue dans la réserve de biosphère de Gishwati-Mukura, un territoire splendide au cœur des collines rwandaises, pour y rencontrer les femmes apicultrices locales ayant suivi le même programme que moi en 2021.

Visite d’un rucher du Programme Women For Bees à Gishwati-Mukura
Au programme : full immersion et échanges
C’est à 1900 mètres d’altitude que notre programme hebdomadaire s’est articulé entre rencontres, visite de coopérative de miel, masterclass et visites de ruchers.
Mon rôle ? Partager mon expérience, mes astuces sur la commercialisation et la transformation des produits de la ruche pour créer davantage de valeur ajoutée, et échanger sur nos pratiques respectives.
J’étais accompagnée d’Ivana Kovacevic, éleveuse de reines en Slovénie et également membre du réseau Women for Bees, ainsi que de Nadine Schuller représentante du programme à l’Unesco et de Clémence Keza, journaliste rwandaise et spécialiste des sujets liés à l’environnement. Un quatuor de femmes à la rencontre d‘une trentaine d’apicultrices rwandaises. Ensemble, nous avons animé plusieurs échanges autour de l’élevage, de la gestion du cheptel. la commercialisation, mais aussi sur les aspects sanitaires et environnementaux.

Masterclass où j’explique comment augmenter la valeur ajoutée des produits de la ruche par la transformation
Lors de ma présentation, j’ai décidé que, plutôt que de partir sur un cours théorique, de parler de mon entreprise et du développement de mes produits. Ensuite, j’ai voulu aborder avec elles des projets qu’elles avaient en tête à partir de leur rucher et imaginer comment elles pourraient commercialiser. C’est comme ça que j’ai pu découvrir un produit dont on ne parle jamais dans les manuels de classe : la propolis noire ! Nous avons passé un excellent moment inspirant à échanger. Et les idées de développement à venir ne manquent pas !
Une immersion dans l’apiculture rwandaise : traditions, défis et pratiques locales
Dès les premiers jours, j’ai été frappée par les abeilles et les méthodes d’apiculture locales. J’ai d’abord observé, en accompagnant ces femmes sur leurs ruchers, avant de partager mes propres pratiques européennes.
Au Rwanda, l’apiculture reste souvent une apiculture de cueillette, similaire à celle que pratiquaient nos grands-parents, quand on allait encore chercher les essaims sauvages. En France, cette approche a quasiment disparu : nous menons désormais une apiculture plus contrôlée, où nous multiplions nos propres essaims. Ces différences ont nourri de belles discussions et surtout des échanges mutuellement enrichissants.


Démonstration par les femmes apicultrices de la ruche kényane et ses cadres en barettes
Portraits de femmes apicultrices rwandaises : courage, savoir-faire et mutualisation
Ces apicultrices sont avant tout des mères, des agricultrices, des entrepreneuses. Elles mènent de front leurs responsabilités familiales et leur passion pour les abeilles. Leur courage m’a profondément impressionnée. De plus, elles gèrent leur rucher commun, à plusieurs, en coopératives. Un modèle solidaire très distributif que j’ai trouvé remarquable que j’ai moi-même essayé de mettre en place en France (je vous en parlerai dans un autre article ;) ).
Travailler avec Apis mellifera scutellata : une abeille au caractère affirmé
Je dois aussi avouer qu’en observant leurs abeilles – l’espèce locale, Apis mellifera scutellata, connue pour son caractère… disons, plus affirmé ! – j’ai pris une véritable leçon d’humilité. Je me croyais courageuse avec mes colonies européennes, mais leur manière de travailler avec ces abeilles vives et imprévisibles m’a inspirée et rappelé à quel point l’apiculture est avant tout une école de patience et d’adaptation.

Vue d’un rucher face à la forêt endémique de Gishwati
Des enjeux environnementaux partagés à l’échelle mondiale
Au-delà des pratiques, nous avons partagé nos préoccupations communes : les effets du réchauffement climatique, la raréfaction des ressources florales, la pollution et l’usage des pesticides. Nos réalités diffèrent, mais les défis sont universels.
Ces apicultrices ont déjà pris conscience de l’importance de planter pour multiplier la ressource mellifères et pollinifères. Nous avons pu aborder ce sujet en visitant avec elles le projet de conservation et de développement de la Forest of Hope.

Vue de la Forest of Hope riche en biodiversité
Un voyage qui transforme : bilan humain et environnemental
À travers ce voyage, j’ai ressenti un profond sentiment d’accomplissement. Pouvoir, à mon tour, transmettre ce que le programme Women for Bees m’a appris, c’est une forme de retour à la source.
Je suis rentrée en France le cœur rempli de gratitude, inspirée par ces femmes qui, à leur manière, participent ensemble à la protection des abeilles et de leur environnement.
Oriane Martin, Apicultrice récoltante
Je suis l’autrice de ce blog où je vous parle de l’actualité de mon entreprise et des projets - dans lesquels je m’engage, liés à l’apiculture.
Immersion inspirante auprès des femmes apicultrices au Rwanda